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La gare (Station) de Villerot


La petite station de Villerot, située sur la ligne 100 reliant Saint-Ghislain à Ath, était un modeste point d’arrêt au cœur de la localité. Cette station, plus qu’une véritable gare, ressemblait davantage à un simple relais ferroviaire, modeste mais essentiel pour les habitants du village. La voie ferrée traversait en effet la commune dans une tranchée creusée en 1878, sinueuse et profonde, visible uniquement depuis les quelques ponts qui la surplombaient.

Au moment de l’ouverture de la ligne, un événement imprévu ralentit l’exploitation : un éboulement s’était produit dans cette tranchée, compliquant les travaux et nécessitant une mise en service en deux étapes. C’est finalement le 8 novembre 1879 que la ligne fut mise en circulation complète, offrant aux riverains un accès nouveau et vital aux grandes villes environnantes.

Dans ce contexte, la petite station de Villerot joua un rôle discret mais important. Elle ne possédait ni guichet sophistiqué ni bâtiment imposant, mais son service était assuré avec simplicité et dévouement. Madame Delière, résidant à proximité immédiate de la voie ferrée, se chargeait en effet de vendre les tickets aux voyageurs, sortant de chez elle pour accueillir ceux qui souhaitaient embarquer ou descendre. Ce fonctionnement, presque informel, illustrait bien l’esprit rural et communautaire qui animait cette halte.

Pendant de nombreuses années, cette petite station vit défiler les trains qui reliaient les habitants aux centres urbains, tout en facilitant le transport de marchandises nécessaires à l’économie locale. Elle fut un point d’ancrage pour la vie quotidienne des villageois, témoignant d’une époque où le train représentait le principal moyen de mobilité pour une grande partie de la population.

Cependant, avec l’évolution des transports et l’avènement des automobiles, le rôle des petites stations comme celle de Villerot diminua peu à peu. Le 6 août 1962 marqua une étape importante, puisque le service ferroviaire fut définitivement remplacé par un service de bus, plus souple et mieux adapté aux nouveaux besoins.

Si la petite station de Villerot a disparu en tant que telle, son souvenir demeure vivace parmi les anciens et dans la mémoire collective, rappelant une époque où les trains, même dans les plus modestes haltes, jouaient un rôle vital dans la cohésion et le développement des territoires ruraux.

La petite station n’était visible qu’en prenant de la hauteur, depuis l’un des ponts qui la surplombaient. Ces ouvrages majestueux, aux arches larges et élancées, avaient été conçus dès l’origine pour permettre, si nécessaire, un futur doublement de la voie. Entièrement bâties en brique, sans recours à la pierre, ces structures impressionnantes témoignent du savoir-faire des ingénieurs ferroviaires de l’époque. Leur forme élégante et leur parfaite courbure leur confèrent une solidité remarquable, intacte malgré les décennies.

Aujourd’hui encore, ces deux ponts subsistent, restaurés avec soin. Ils s’imposent comme des témoins silencieux du passé, reliant, par nécessité d’abord, deux rives pour le passage des routes. Désormais, ils veillent sur le paysage, imposants et immobiles, comme des ponts entre l’histoire et le présent, au cœur d’une nature redevenue paisible.

Sirault Neufmaison Villerot

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