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La Grande Guerre à Villerot


Nos Héros de la première guerre mondiale


Octave Malice

Une reconnaissance trop longtemps oubliée

Né à Villerot le 5 septembre 1886, Octave Malice est l’un de ces héros discrets que l’Histoire a trop souvent laissés dans l’ombre. En 1915, bien avant son engagement militaire officiel, il risqua sa vie pour sauver celle des autres. Aux côtés de l’infirmière britannique Edith Cavell, il participa activement à un réseau clandestin qui permit à des centaines de soldats alliés et de jeunes Belges d’échapper à l’occupation allemande.

Sous le pseudonyme de « Gilles », il traversa dix-sept fois la frontière hollandaise, escortant plus de 300 évadés. À pied, de nuit, dans des conditions terribles, il guida ces hommes vers la liberté, avec une abnégation totale. Il travailla avec les plus grandes figures de la résistance de l’époque : Louise Thuliez, le Prince de Croÿ de Bettignies, Emile Canivez… et bien sûr Edith Cavell, dont la maison à Bruxelles servait de point de ralliement.

Et pourtant.

Malgré ce courage exceptionnel, malgré ce dévouement risqué, malgré les vies qu’il a sauvées au péril de la sienne, Octave Malice dut supplier pour une simple reconnaissance. Dans une lettre bouleversante adressée à la Commission d’examen des titres honorifiques, il écrivait :

« Pour la troisième fois, je viens vous prier de vouloir bien examiner si je n’ai pas mérité la croix de guerre. J’ai passé dix-sept fois la frontière hollandaise pour y conduire plus de 300 soldats anglais, français et jeunes gens belges, étant au service de Miss Cavell en 1915. »

Ce n’est pas un cri de vanité. C’est le témoignage d’un homme qui a tout donné, et à qui on n’a presque rien rendu. Ce silence administratif, ce manque de reconnaissance officielle, est une injustice historique.

Aujourd’hui, il est de notre devoir de rappeler le nom d’Octave Malice, de saluer son courage, et de faire entendre son appel posthume. Car un pays qui oublie ses héros est un pays qui néglige la mémoire de ceux qui l’ont sauvé.

Hector Billemont

Né à Hornu le 25 novembre 1888, Hector Billemont fait partie de ces hommes tombés trop tôt, mais que la Nation a su, au moins en partie, honorer. Il s’engage dans la compagnie des Sapeurs Pontonniers, unité d’ingénierie cruciale pour les traversées, les infrastructures de guerre, et les opérations à haut risque.

Le 25 juin 1918, au cœur de l’enfer, Hector est tué dans l’accomplissement de sa mission. Il est inhumé à La Panne.

À titre posthume, il reçoit les honneurs :

Croix de guerre belge

Croix de guerre française

Médaille militaire belge

Chevalier de l’Ordre de Léopold II

Son nom, gravé dans les registres et sur les pierres, a trouvé un écho. Sa bravoure a été reconnue.

Deux destins, une même grandeur
Alors que l’un repose avec les honneurs à La Panne, l’autre a dû lutter, vivant, pour qu’on lui accorde ne serait-ce qu’une croix. Et pourtant, Octave Malice n’a pas été moins courageux que Hector Billemont. Leur combat fut différent, mais leur héroïsme, égal.

Pourquoi l’un fut décoré, et l’autre oublié ? Pourquoi faut-il supplier pour une reconnaissance, quand on a risqué sa vie dix-sept fois pour sauver des centaines d’autres ?

Il est temps, plus d’un siècle plus tard, de réparer l’oubli. De réconcilier la mémoire et la justice. D’élever Octave Malice à la place qui lui revient, aux côtés de ceux dont le nom figure dans les livres et les monuments.

Car un pays digne de ce nom honore tous ses héros, vivants ou morts.

Hector Billemont à droite de la photo

Sirault Neufmaison Villerot

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