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Liénard, Raymond, Eugène


Né à Villerot le 19 décembre 1924


Il était encore au collège d’Enghien lorsque la guerre éclata en 1940. Rapidement, il rentra auprès de sa famille à Sirault. Après l’évacuation, il reprit ses études au collège du Christ-Roi. Ardent patriote, il s’engagea très vite dans la Résistance, sous les ordres de son camarade Jean Lenoir. Son énergie et son dévouement furent remarquables, si bien que ses chefs lui confièrent rapidement plusieurs responsabilités, jusqu’à lui conférer le grade de chef d’essaim.

Il participa alors à de nombreuses missions périlleuses, risquant sa vie à chaque instant pour la liberté. Mais le 19 juin 1944, sa lutte fut brutalement interrompue lorsqu’il fut arrêté par les agents de la Gestapo. Emprisonné à Mons, il dut endurer les rigueurs de la captivité jusqu’au 14 août. Pourtant, malgré son épuisement, il refusa de céder au découragement et reprit aussitôt ses activités dans la Résistance.

Lorsque le parachutage final fut annoncé le 1er septembre, il faisait partie du groupe de Sirault désigné pour y participer. Ce jour-là, il eut la douleur de voir, impuissant, la capture de son chef Albert Bériot et de son camarade Pol Gigot, tous deux assassinés le même jour à Nimy.

Après la libération, il s’engagea dans plusieurs actions directes contre l’ennemi. C’est lors de l’une d’elles, le 4 septembre 1944, qu’il fut grièvement blessé à la tête. Transporté à la clinique de Baudour, il supporta courageusement ses souffrances pendant plus d’un mois, avant de succomber à Sirault le 9 octobre 1944.

Tombé face à l’ennemi, frappé par une blessure cruelle, il révéla dans son combat ultime toute la grandeur de son âme et la force remarquable de sa volonté. Toujours humble, il répétait à ceux qui le félicitaient : « Je n’ai fait que mon devoir... ».

À sa mère, il confiait : « Quand je prie, je sens en moi une grande lumière qui éclaire tout ! ».

En hommage à son courage et à son sacrifice, une rue de Sirault-Neufmaison porte aujourd’hui son nom, perpétuant la mémoire de cet héros local.

L'embuscade et la trahison des soldats allemands du Trieu-Maquette

Le 4 septembre 1944, l’atmosphère est lourde à Sirault. Les rumeurs de la Libération imminente circulent, mais le danger rôde encore. Jean Lenoir et son fidèle camarade, Raymond Liénard, avancent prudemment le long d’une route bordée d'un épais bosquet. Ils savent que des soldats allemands en déroute se cachent dans les environs.

Soudain, au détour du chemin, les feuillages s'agitent. Jean plisse les yeux et s'arrête net. À la lisière du bois, un soldat allemand vient d'apparaître. L'homme lève ses bras et agite nerveusement, au bout du canon de son fusil, un chiffon blanc en signe de reddition.

Pensant la situation sous contrôle, Jean Lenoir amorce un pas en avant pour aller le désarmer. Instinctivement, Raymond le retient par la manche et murmure d’une voix tendue :

— Fais attention, Jean...

Jean se retourne vers lui, confiant dans les lois de la guerre, et lui répond doucement pour le rassurer :

— Ne t'en fais pas, il se rend.

Mais la prudence de Raymond était tragiquement fondée. À peine Jean a-t-il fait quelques pas à découvert que le soldat allemand rabat son arme. C'est un piège. Dans un fracas assourdissant, l'ennemi ouvre le feu et lâche une violente rafale. Jean Lenoir est fauché et tué sur le coup. Une seconde balle siffle et atteint Raymond Liénard en pleine tête. Il s'effondre à son tour.

Derrière eux, le reste du groupe de résistants réagit instantanément. Fous de rage et de douleur en voyant leurs chefs tomber, ils ouvrent un feu nourri sur la lisière du bois. L'Allemand qui a tiré est mortellement touché par la riposte et s'écroule dans l'herbe. Pris de panique face à la puissance de la réplique des résistants, les autres soldats allemands qui l'accompagnaient et se cachaient dans les fourrés en profitent pour s'enfuir à travers bois, abandonnant leur camarade.

La fusillade cesse aussi vite qu'elle a commencé, laissant place à un silence pesant. Les résistants se précipitent vers le soldat ennemi agonisant. Ils le transportent tant bien que mal jusque sur la paille d'une grange située non loin de la route, où l'Allemand finira par succomber à ses blessures quelques instants plus tard.

Pour Raymond Liénard, le calvaire ne fait que commencer. Contre toute attente, il a survécu au projectile. Évacué d'urgence, il entame un douloureux combat pour sa vie. Pendant un mois entier, Raymond survivra avec cette balle dans la tête, endurant d'affreuses et incessantes souffrances. Malgré son courage et les soins apportés, ses blessures finissent par l'emporter, scellant à jamais son destin à celui de Jean Lenoir dans le martyrologe de Sirault.

Sirault Neufmaison Villerot

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