Briqueteries
L’essor industriel et artisanal de Sirault : briqueteries, fabriques et savoir-faire local
Bien avant l’arrivée de l’industrialisation, Sirault possédait déjà une tradition artisanale bien ancrée. Hommes et femmes du village fabriquaient sur place les briques nécessaires à la construction des habitations, à la main, avec des moules en bois, souvent dans leur propre cour ou sur les chantiers eux-mêmes. Cette pratique communautaire témoignait non seulement d’un savoir-faire local, mais aussi d’un esprit de solidarité et d’autonomie dans la construction du cadre de vie.
L’essor industriel de Sirault à travers ses briqueteries et manufactures
Dès le XIXe siècle, Sirault s’inscrit dans le paysage industriel régional, notamment à travers le développement d’activités liées à la fabrication de matériaux de construction. Plusieurs sites, entreprises et figures locales ont marqué cette époque de dynamisme économique, témoignant du savoir-faire des artisans et entrepreneurs du village.
La fabrique Sainte-Agnès
En 1882, Monsieur Hubert de Salmont fit ériger la fabrique Sainte-Agnès, à proximité de la Croix Caillaux. L’établissement se spécialisa dans la production de briques rouges de façade, très prisées pour la construction. En 1894, l'usine changea de mains pour devenir la propriété de Monsieur Marius Helin. Comme beaucoup d’industries belges, la fabrique dut cesser ses activités pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918). À l’issue du conflit, elle fut relancée sous une nouvelle forme : la Société Anonyme des Produits Réfractaires de Sirault. Malheureusement, cette relance fut de courte durée, et l’entreprise ferma définitivement ses portes en 1928.
La renommée de Lupant-Carlier et Cie
Parallèlement, une autre entreprise emblématique se distingue sur le plan international : Lupant-Carlier et Cie. Implantée à Sirault, elle remporta plusieurs récompenses prestigieuses, témoins de la qualité de sa production. En 1880, elle participa à l’exposition internationale de Bruxelles, et obtint une médaille d'argent à Amsterdam, ainsi qu'une médaille du mérite à Melbourne en Australie. Cette reconnaissance à l’échelle mondiale illustre l’excellence des artisans de Sirault à cette époque.
L’histoire de l’usine Lupant
L’usine Lupant vit le jour avant même la révolution belge de 1830. Elle fut fondée par Monsieur Lupant, originaire de Frameries, et dirigeant du siège « Le Carabinier » des charbonnages de Pont-de-Loup. L’entreprise resta dans la famille durant plusieurs générations : d’abord reprise par ses deux beaux-fils, puis transmise à leurs enfants jusqu’aux alentours de 1935.
À cette époque, un certain Monsieur Duvinage — ancien manœuvre devenu ouvrier, puis contremaître — rejoignit l’affaire en tant qu’actionnaire. En 1937, un drame frappa la famille : l’un des Lupant décéda subitement, suivi de près par son beau-frère, profondément marqué par les événements tragiques de la bataille de la Lys (1940). À la suite de ces pertes, Monsieur François Lebailly reprit la direction de l’entreprise. Malheureusement, il mourut prématurément en 1943.
Après cette période difficile, seuls restaient en poste les veuves Lupant et Monsieur Duvivier, co-actionnaires. Finalement, en 1950, Duvivier racheta l’ensemble de l’exploitation, mettant un terme à une longue succession de transmissions familiales.
Les derniers maîtres-briquetiers de Sirault
Jusqu’à la fin du premier quart du XXe siècle, plusieurs artisans poursuivirent la tradition de la fabrication artisanale de briques et produits réfractaires, moulés à la main ou mécaniquement en forme de prismes rectangulaires. Parmi les derniers à perpétuer ce savoir-faire figurent :
Edmond Cauchies et Jules Duquenne (au Long-Faux),
Sarot, Eloy, Henri Jouret (au Noir Bonnet),
Wilfrid Bériot (au Trieu-Maquette),
Paul Lefèbvre, Émile Dufour, Émile Lebrun (au Point du Jour),
Henri Loiselet, rue des Goriers.
À cela s’ajoute une multitude de particuliers, qui, pour leurs propres besoins, continuaient à produire de manière artisanale, témoins d’un savoir ancestral enraciné dans la culture locale.
Hommes et femmes du village à la fabrication sur place des briques nécessaires à la construction d'une habitation
Ancienne Briqueterie
Les usines de la région répertoriées en 1907 étaient :
- La « Pannerie » à Sirault (fabrique de pannes)
- Tuilerie à Sirault
- Briques blanches de pavement Eloy à Sirault
- Tuyaux de cheminées et boisseaux (poteries communes)
- Briques de flottaison, briques de Dinas (Fabrique Sainte-Agnès à Sirault)
- Dalles pavés de carreaux ordinaires, Sainte-Agnès
Sirault Neufmaison Villerot
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