Les Femmes Résitantes de Sirault
Durant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs habitantes de Sirault se sont distinguées par leur engagement au sein de la Résistance. Leur courage et leur dévouement méritent aujourd'hui d'être mis en lumière afin de préserver leur mémoire et de transmettre leur histoire aux générations futures.
Parmi elles, Georgette Bricq fut courrière au sein de l'unité clandestine « C.S. 723 – C.G50 A.10.Z.I. ». Sa mission consistait à assurer la transmission de messages et d'informations entre différents membres du réseau, une activité particulièrement risquée sous l'occupation allemande.
Fernande Hazette se distingua quant à elle par l'aide qu'elle apporta à des ressortissants polonais travaillant dans les mines de Hautrage. Grâce à son intervention, plusieurs d'entre eux auraient été aidés et sauvés durant cette période difficile. Son histoire suscite encore aujourd'hui un intérêt particulier en Pologne, où des recherches sont menées afin de mieux comprendre son action au sein de la Résistance. Après la guerre, elle épousa d'ailleurs un citoyen polonais.
Trois autres femmes de Sirault sont également répertoriées comme résistantes : Arlette Gigot, Marie Gevaert et Josette Lecocq. Les informations concernant leurs activités restent actuellement limitées, mais leur reconnaissance officielle comme résistantes témoigne de leur engagement dans la lutte contre l'occupant.
À travers ces parcours, c'est toute une partie de l'histoire locale de Sirault qui ressurgit. Ces femmes ont contribué, chacune à leur manière, à défendre les valeurs de liberté et de solidarité dans l'une des périodes les plus sombres de notre histoire.
Résistants(e) de Sirault
BRICQ, Georgette, Elvire
Georgette Bricq, née à Hautrage le 28 mai 1923, tailleuse de profession, fit preuve d’un courage admirable en rejoignant les rangs de la Résistance belge le 1er mars 1944, à une époque où la guerre faisait rage et où s’engager signifiait risquer sa vie chaque jour. Intégrée à l’unité clandestine « C.S. 723 – C.G. 50 A.50 Z.I. », elle y servit avec le grade de courrière, un rôle crucial et souvent sous-estimé dans les réseaux de résistance.
En tant que courrière, elle fut chargée de transporter messages, documents sensibles et parfois du matériel entre les différents points de contact de la Résistance. Ce poste, qui exigeait une discrétion absolue, une connaissance fine du terrain et une grande bravoure, l’exposa à de nombreux dangers, notamment aux contrôles, arrestations et représailles de l’occupant.
Sa participation active à la lutte contre l’oppression nazie témoigne d’un engagement sans faille, motivé par un profond sens du devoir et de la justice. Comme de nombreuses femmes résistantes, elle a œuvré dans l’ombre, souvent sans reconnaissance immédiate, mais avec une détermination exemplaire.
Le 13 avril 1946, après la Libération, elle épousa Jean Dehon, lui aussi ancien résistant engagé dans la même unité. Leur union symbolise non seulement un lien personnel fort, mais aussi une communauté d’expérience forgée dans les heures sombres de la guerre et l’espérance d’un avenir libre.
En reconnaissance de ses actions héroïques, Georgette Bricq reçut plusieurs distinctions honorifiques, parmi lesquelles :
La Médaille de la Résistance, soulignant son rôle actif dans la lutte clandestine ;
La Médaille Commémorative de la Guerre 1940-1945, accompagnée de deux sabres croisés, distinction réservée aux personnes ayant contribué concrètement à l’effort de guerre.
La considération dont elle jouissait auprès de ses compagnons d’armes apparaît également dans les témoignages qui lui furent adressés après la guerre. Les commandants de guerre du Refuge A.50 de l’Armée Secrète (CT.13/LB), ainsi que le Commandant du C.G. 50, Marcel Vos, lui adressèrent leurs plus chaleureuses félicitations pour la distinction honorifique qui lui avait été décernée en récompense de sa conduite exemplaire de « bon Belge » durant l’occupation.
Cet hommage était partagé par les quatre commandants de guerre successifs du secteur : Grand'ry, Vandenheuvel, Collard et Lebrun, ainsi que par le Commandant du C.G. 50, Hector Lhoir. Ces marques de reconnaissance témoignent de l’estime profonde que lui portaient ses chefs et ses camarades de résistance, conscients de son dévouement, de son courage et des services rendus à la Patrie.
Georgette Bricq incarne ces femmes discrètes mais essentielles qui, par leur courage et leur abnégation, ont marqué l’histoire de la Résistance. Son parcours mérite d’être rappelé et honoré, comme un hommage à toutes celles qui ont combattu, souvent sans armes, mais avec une force inébranlable.
Georgette Bricq en 1942
(Document Marie-France Dehon)
Jean Dehon son mari résitant également et Georgette Bricq le 13 avril 1946
(Document Marie-France Dehon)
HAZETTE, Fernande
Fernande Hazette Grabarczyk est née le 2 décembre 1923 à Villerot et est décédée le 14 juin 2008 à Tannum Sands, en Australie. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle s’engage activement dans la Résistance au sein de l’organisation AB. Son engagement s’inscrivait dans un contexte familial marqué par la lutte contre l’occupant : son père, Victor Hazette, médecin à Sirault, ainsi que son frère Jean, étaient eux aussi résistants.
Fernande Hazette joua un rôle important dans l’aide apportée aux prisonniers de guerre et aux travailleurs polonais présents dans la région, notamment autour du charbonnage d’Hautrage et de Ville-Pommerœul. Elle facilita la fuite de nombreux prisonniers polonais en leur fournissant de la nourriture, des vêtements civils, des médicaments et de faux papiers. Elle recherchait également des logements sûrs pour les évadés afin de leur permettre de poursuivre leur route en toute discrétion.
Pour mener à bien ces missions périlleuses, elle n’hésitait pas à prendre de grands risques. Elle se déguisait parfois en mineur, maquillée et vêtue de vêtements de travail, afin de descendre dans la mine de charbon de Tertre et d’y remettre plus facilement des colis aux prisonniers tout en organisant leur évasion sans attirer l’attention des autorités allemandes.
Soupçonnée d’avoir caché des prisonniers de guerre, elle fut arrêtée et emprisonnée avec ses parents. Malgré ces épreuves, son engagement en faveur de la liberté ne faiblit jamais.
Après la guerre, elle épousa un ancien prisonnier polonais, Zygmunt Grabarczyk. La mémoire de ce dernier est également honorée en Pologne, où une plaque commémorative lui est dédiée. Aujourd’hui encore, l’action de Fernande Hazette Grabarczyk suscite un vif intérêt en Pologne, où des recherches historiques sont poursuivies afin de mieux comprendre et faire connaître son rôle au sein de la Résistance ainsi que l’aide précieuse qu’elle apporta aux prisonniers et travailleurs polonais.
Je tiens également à adresser mes sincères remerciements à Madame Paulina Gołębiewska, de l’Instytut Pileckiego de Varsovie, pour les précieuses informations qu’elle m’a communiquées ainsi que pour son aide dans les recherches ayant permis de mieux retracer cette histoire remarquable.
GIGOT Arlette, Marie, Eugénie
GEVAERT, Marie
LECOCQ Josette
Les résistantes de Sirault ont joué un rôle discret mais important durant la Seconde Guerre mondiale. Comme dans beaucoup d’autres régions de Belgique, elles ont participé à la résistance surtout à travers des actions de soutien et de solidarité : transmission de messages, aide aux personnes recherchées, hébergement de fugitifs ou encore distribution de la presse clandestine.
Même si leurs noms sont connus aujourd’hui, leurs faits d’armes précis restent encore peu documentés. Les recherches historiques montrent que les femmes étaient souvent engagées dans des missions de liaison et d’aide, des rôles essentiels mais rarement mis en avant à l’époque.
Ces résistantes faisaient partie d’un mouvement plus large de lutte contre l’occupation allemande en Belgique, où la population civile, hommes et femmes confondus, s’est mobilisée de différentes façons.
Des recherches sont encore en cours afin de mieux identifier leurs actions exactes et de redonner toute leur place à ces femmes dans l’histoire locale de Sirault.
Sirault Neufmaison Villerot
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